J’avais une belle liste de différents sujets pour mon article d’aujourd’hui. Je la lisais, j’étais inspirée, mais une chose me revenait sans cesse en tête…et c’est elle qui a gagné! J’ai envie de vous partager mon exaspération concernant un sujet récurrent dans nos vies de parents : « c’est si difficile d’avoir des enfants ». Ça fait longtemps que je me sens confrontée en lisant des billets de blogue à ce sujet, en entendant les paroles de nouveaux parents…et celles de « vieux » parents aussi. Il y a un drôle de courant qui circule actuellement, une énergie négative (selon moi) qui encourage les parents à se plaindre sans cesse de leurs enfants et/ou à voir les choses toutes plus difficiles qu’elles ne le sont en réalité. Bien sûr, il s’agit souvent d’ironie, mais tout de même, ça ouvre toute grande cette porte…

Je sais bien que ce n’est pas toujours facile d’être parent. Je suis moi-même maman monoparentale et j’ai évidemment mes hauts et mes bas. Par contre, ce n’est pas parce que c’est difficile que c’est automatiquement NÉGATIF. Relisez cette phrase : ce n’est pas parce que c’est difficile que c’est automatiquement négatif…

Être parent, c’est un défi de tous les jours. Mais pourquoi ne voyons-nous pas cela comme quelque chose de stimulant, d’inspirant et de beau? Je crois que j’ai la réponse à cette question : parce que c’est confrontant. Eh oui! Nos enfants nous confrontent à nos plus grandes vulnérabilités, nous poussent parfois à visiter nos côtés plus sombres, à nous questionner sur nos compétences, à réaliser que NOS PROPRES BESOINS ne sont pas comblés, qu’on ne prend pas réellement soin de nous, bref, ça nous amène à devoir faire preuve d’humilité et d’introspection!

Commençons par nos petits nourrissons qui demandent beaucoup de temps et de patience. Ces petits êtres que nous aimerions tellement voir dormir, boire aux 4 heures et ne pas pleurer, sauf quand ils ont faim. Combien de fois pouvons-nous entendre : « J’ai un bon bébé, il ne pleure pratiquement jamais… »? Huuummm…cette phrase me laisse perplexe! Un bébé qui pleure, c’est un bébé qui demande réponse à ses besoins. Point. Ce n’est pas un bébé « pas bon » et surtout, ce n’est pas un bébé qui manipule!!! Un bébé, ça pleure, ça se fout que ce soit le jour ou la nuit, ça a faim à des heures irrégulières (comme nous parfois, hein?), ça ne se réveille pas toujours aux mêmes heures (comme nous, non?), ça a de mauvaises journées (eh oui, comme nous!) et ça dépend à 100% de ses parents. C’est une petite job à temps plein et, bonne nouvelle, au Québec, nous sommes souvent « payés » pour avoir le temps d’en prendre bien soin. Les nouvelles mamans qui me connaissent reconnaîtront cette phrase : « Les journées dans la vie de nouveaux parents durent 24 heures.». C’est comme ça, c’est temporaire et, entre vous et moi, on le savait bien avant de faire des bébés! On dirait parfois que certains parents souhaiteraient que l’arrivée de bébé ne fasse aucune différence dans leur quotidien et ça, ça me surprend toujours!

Attention, je ne dis pas de faire comme si tout allait toujours bien. Je ne dis pas de mentir à tout le monde en disant que c’est facile et que vous vous sentez en pleine forme. Ce que je dis, c’est que c’est normal que ce soit un défi et que vous pouvez choisir de modifier votre façon de voir les choses pour ne pas SUBIR votre rôle de parent. Déjà, en changeant votre discours intérieur, en prenant bien soin de vos besoins à vous AUSSI et en vous concentrant sur le beau, sur la chance que vous avez, ça fera automatiquement une belle et grande différence.

Et pour les enfants plus vieux… Bien sûr, quand mon enfant adopte un comportement typique du 2 ans, du 4 ans ou du 12 ans, donc de son stade NORMAL de développement, je peux me sentir irrité en tant que parent. Je peux me dire qu’il essaie de me manipuler, qu’il est terrible, qu’il n’a pas d’allure, etc. Et si je me demandais ce qu’il essaie de me dire en adoptant ce comportement. Si je me demandais quel besoin il est en train de crier, parfois bien maladroitement j’en conviens (mais avec les compétences qu’il a actuellement). Si, lorsque j’impose une limite, je le faisais avec empathie et respect. Pas pour le laisser faire ce qu’il veut, mais bien pour essayer de le comprendre un peu.

Adopter ces habitudes en tant que parent nous aide à demeurer calme et à éviter bien des colères pour tous. Mais oui, vous devrez respirer, vous devrez parfois vous regarder le bout du nez pour comprendre pourquoi votre enfant vous fait réagir, vous découvrirez peut-être même des parties de vous que vous aimez moins…mais c’est ça, l’humilité. C’est ça, grandir avec nos enfants. Nous connaissons maintenant suffisamment de choses sur le développement de l’enfant et de son cerveau pour cesser de les accuser d’être de mauvais enfants capricieux.

Alors prenons une grande respiration collective, cessons de lire et relire, de dire et de redire à quel point c’est difficile d’être parents et vivons ce beau défi avec un regard positif, curieux, humble et SURTOUT, demandons de l’aide si on sent qu’on s’y perd un peu trop!

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